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Points clés à retenir
- Tailler l’olivier entre mars et avril, après les gelées et avant la floraison
- Retirer d’abord le bois mort puis éclaircir le centre de la couronne
- Former les jeunes oliviers avec 4 à 6 charpentières bien réparties
- Adapter la coupe selon un olivier d’ornement, à olives ou en pot
- Étaler la rénovation d’un vieil olivier sur plusieurs printemps
Quand tailler un olivier selon sa région et son objectif
Pour tailler un olivier au bon moment, il faut d’abord regarder le ciel plutôt que le calendrier. La période généralement privilégiée se situe en mars-avril, à la sortie de l’hiver, une fois les fortes gelées passées et avant que l’arbre ne fleurisse. C’est le repère que je donne systématiquement quand on me demande à quel moment s’y mettre.
Dans mon jardin, j’ai appris à mes dépens qu’une taille trop précoce expose les plaies de coupe au gel, avec un bois qui noircit et des branches qui finissent par sécher. Mieux vaut attendre quelques semaines de plus que de perdre une charpentière entière.
Sud de la France et régions plus froides : ajuster la date aux conditions réelles
Dans le Sud, où les gelées tardives sont rares, on peut tailler dès la fin février. Plus au nord ou en altitude, je conseille de patienter jusqu’à fin avril, voire début mai si le printemps traîne. L’olivier pardonne beaucoup, mais pas le gel sur une coupe fraîche.
Taille légère d’automne : distinguer nettoyage ponctuel et taille de fructification
Un petit nettoyage en septembre-octobre est possible : retirer un rejet gênant, une branche cassée par le vent. Ce n’est en aucun cas la taille principale, qui reste réservée au printemps pour ne pas fragiliser l’arbre avant l’hiver.
Ouvrir l’infographie en grandPréparer l’olivier et choisir les bons outils
Avant de couper quoi que ce soit, je fais toujours le tour de l’arbre, à distance, pour observer sa silhouette globale. C’est cette étape qui évite les erreurs qu’on regrette ensuite.
- Repérer les branches mortes, cassées ou malades
- Identifier les rameaux qui se croisent ou frottent entre eux
- Noter les pousses dirigées vers l’intérieur de la couronne
Le choix de l’outil dépend uniquement du diamètre à couper. Un sécateur suffit pour les rameaux fins, un coupe-branches prend le relais jusqu’à 3-4 cm, et la scie s’impose au-delà pour les grosses charpentières.
Avant de commencer, j’affûte toujours mes lames et je les désinfecte à l’alcool. Une coupe nette cicatrise mieux qu’une coupe écrasée, et on évite de transporter des maladies d’un arbre à l’autre.
Tailler un olivier étape par étape
Une fois les outils prêts, je procède toujours dans le même ordre, sans jamais improviser en cours de route.
- Retirer le bois mort, les branches abîmées et les rejets qui poussent au pied
- Supprimer les rameaux qui repartent directement du tronc
- Éclaircir progressivement le centre pour laisser passer la lumière
- Reculer régulièrement pour vérifier l’équilibre général de la couronne
Pour visualiser ce geste, cette vidéo de Jardinerie PLANFOR détaille les étapes de coupe et le positionnement du sécateur sur les charpentières.
Ce va-et-vient est essentiel : on ne taille jamais un olivier en restant collé au tronc du début à la fin. Je m’arrête toutes les deux ou trois coupes pour reculer de quelques mètres.
Former un jeune olivier en gobelet
Sur un jeune sujet, l’objectif n’est plus d’entretenir mais de construire la future charpente de l’arbre. J’attends toujours que le tronc soit suffisamment développé avant de structurer quoi que ce soit.
Le repère habituel consiste à sélectionner 4 à 6 charpentières, bien réparties autour du tronc, à des hauteurs légèrement différentes pour éviter les fourches trop serrées. Ces branches formeront le squelette de l’olivier pour les décennies à venir.
Il faut ensuite éliminer les pousses concurrentes sans pour autant dégarnir l’arbre. Un jeune olivier a besoin de feuillage pour se développer, donc je garde toujours plus de bois que sur un sujet adulte.
Adapter la taille à un olivier d’ornement ou productif
Le geste change selon ce qu’on attend de l’arbre, et c’est souvent là que les conseils génériques trouvés en ligne posent problème.
Un olivier d’ornement se contente de coupes légères pour garder une silhouette harmonieuse, sans chercher à stimuler la production. Un olivier à olives demande en revanche de renouveler chaque année une partie des rameaux productifs, sans jamais supprimer tout le jeune bois qui portera les futures fleurs.
En pot, la logique est encore différente : il s’agit de contenir les pousses pour limiter l’encombrement, tout en conservant une ramure équilibrée. Pour cette forme en nuage souvent recherchée sur les oliviers en pot, une vidéo des Artisans du Végétal montre bien le principe de dégagement des volumes.
Réduire un olivier trop haut ou négligé
Un simple dépassement de hauteur ne se traite pas comme la restauration d’un vieil arbre laissé à l’abandon pendant des années. Dans le premier cas, quelques coupes ciblées suffisent. Dans le second, il faut souvent repenser toute la structure.
Je choisis toujours les branches à reprendre une par une, plutôt que de couper la cime de façon uniforme au cordeau, une méthode qui donne un résultat artificiel et affaiblit l’arbre sur la durée.
Pour une rénovation importante, mieux vaut étaler l’intervention sur deux ou trois printemps successifs. J’ai vu un olivier négligé retrouver une belle forme sans jamais subir de coupe brutale d’un seul coup.
Éviter les erreurs et suivre la reprise
Certaines erreurs reviennent souvent chez les particuliers que je conseille, et elles se corrigent facilement une fois identifiées.
- Ne jamais tailler fortement pendant le gel ou après le début de la floraison
- Éviter de vider excessivement le sommet, exposé en plein soleil
- Surveiller les nouvelles pousses et retirer les rejets qui réapparaissent au pied
Après la coupe, je passe régulièrement observer les jeunes pousses pendant les semaines qui suivent. C’est ce suivi, plus que la taille elle-même, qui garantit un bel olivier année après année.



